Je sais que j'ai tout pour être heureuse, ou presque, mais je ne parviens pas à l'être.
Et il est vrai que j'ai des idées bien sombres en ce qui concerne le monde, mais j'en ai d'autres qui sont moins mauvaises (pas meilleures, seulement moins mauvaises...) et aussi moins nombreuses...
Je ne me fais pas d'illusions là-dessus : la vie n'est pas rose pour tout le monde, et même si certains la voient ainsi, tôt ou tard, le rose virera au gris, voire au noir pour certains. Tout comme le noir peut s'éclaircir, passer au gris, puis au blanc et redevenir rose.
Pour l'instant, ma vie à moi se situe au niveau du gris moyen. Quelques semaines plus tôt elle était dans les noirs les plus sombres, et encore quelques jours avant, elle était du plus beau des roses. Elle rayonnait, et je l'aimais. Et j'ai beau faire, elle a tellement changé que je n'arrive pas à l'aimer de nouveau, comme avant.
Là encore, je ne me pose pas de questions, car je sais ce qui se passe : il s'agit d'un conflit à l'intérieur de moi-même. Ma tête est en désaccord avec mon coeur. Il n'en faut pas plus pour se perdre dans le brouillard. Et me voilà complètement égarée à l'intérieur, sans aucun moyen de retrouver ma route tant que ces deux parties de moi n'auront pas trouvé un terrain d'entente. J'ignore dans combien de temps et à quelle vitesse cet épais brouillard se dissipera pour laisser la place au soleil. Mais j'ose encore espérer qu'il y aura du beau temps après la pluie.
Les couleurs changeront un jour ou l'autre.
Elles changent tout le temps.
Jamais à la même vitesse, ni aux mêmes intervalles.
J'ai vécu dans le rose après une longue période de gris, puis tout est devenu noir en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Et depuis près de trois mois, j'avance dans le noir qui redevient gris, petit à petit. J'avance à tâtons, tant bien que mal, en essayant de ne pas m'arrêter ni reculer dans ces étranges ténèbres. Au bout du couloir se trouve la lumière du jour, et je ferai tout pour l'atteindre. Je ne baisserai pas les bras et je continuerai d'avancer à l'aveuglette jusqu'à ce que j'y parvienne. Je suis faible, mais j'ai de la volonté. Et personne ne peut arrêter quelqu'un qui a de la volonté. Seule la mort le pourrait, mais j'ai envie de croire qu'elle est encore loin de moi...
