Différente...

Différente...
... J'ai mûri un peu, j'ai réussi à affirmer ma vraie personnalité, à m'ouvrir un peu plus au monde.

Avant, je ne cherchais pas réellement à être moi-même.

J'essayais désespérement de me glisser dans le moule universel dans lequel tout le monde me semblait avoir été concu. Et comme je n'avais pas les formes pour y entrer, je m'y suis sentie mal à l'aise, coincée et prisonnière. Il a donc fallu que j'en sorte et que je comprenne qu'il n'était pas fait pour moi, ou plutôt que moi, je n'étais pas faite pour lui. Alors j'ai entrepris de rechercher ma place et je pense l'avoir enfin trouvée. J'ai compris que j'étais différente, et j'ai décidé que puisque j'étais comme ça, j'allais l'être jusqu'au bout et l'assumer pleinement. Pour tout dire, je ne suis pas certaine de savoir quelle est cette différence. Je sais juste qu'elle est là, quelque part en moi. Peut-être découvrirai-je plus tard de quoi il s'agit exactement...

Aujourd'hui, c'est Noël, et malgré tout ce que représente cette fête, je m'isole. L'heure du bilan a sonné en même temps que les cloches. Bilan accompli. Joyeux Noël.

# Posté le jeudi 26 mai 2005 06:54

Modifié le jeudi 23 juin 2005 08:19

L'orage

L'orage
Je n'ai pas tellement écrit dans ce cahier, finalement, ma souffrance n'aura pris que quelques pages... Mais comme j'ai horreur du gaspillage, je vais faire l'effort de le terminer (si on peut appeler ça un effort, c'est plutôt un plaisir !).

Voila donc presque cinq mois que je délaisse mon cahier. L'envie d'écrire n'a pas manqué durant cette période ; c'est le temps et l'inspiration qui m'ont manqué en vérité... Mais ce soir, l'ennui est tel qu'il m'a poussé a reprendre mon stylo.

Dehors, c'est l'orage.

La tempête. Les éclairs remplacent la lune qui est partie se cacher derrière un gros nuage noir, la pluie tombe à torrent, le tonnerre gronde, les éléments se déchaînent...
J'aime ce temps orageux. Parce que face à une telle violence, je ne suis coupable de rien.

Rien ne peut arriver par ma faute, puisque je ne peux rien faire.

Je suis complètement impuissante, je ne peux pas intervenir et la seule solution reste l'attente. Il faut attendre. Attendre que tout se calme, attendre que la pluie cesse de tomber, que les nuages disparaissent et que le silence revienne envahir l'atmosphère.
Je n'ai même pas mis de musique ce soir. J'écoute les cris de la foudre.

Et je pense...

# Posté le jeudi 26 mai 2005 07:47

Modifié le jeudi 23 juin 2005 08:32

La bougie

La bougie
... Même dans mes plus lointains souvenirs, je ne me rappelle pas avoir eu peur des orages. Jamais. Le chien de ma grand mère avait peur, lui. Pas moi.

Etais-je déjà trop courageuse, enfant ?
Possible...


Je pense encore et je crois même me souvenir que déjà à quatre ou cinq ans, j'aimais les orages. Pourquoi ? Hum... peut-être à cause des pannes de courant qui étaient assez fréquentes à l'epoque pendant les orages. Oui c'est ça.

J'adore les bougies.
Alors j'adore les orages et les coupures d'électricité.
La lumière change l'apparence des choses.


Une pièce illuminée par les rayons du soleil sera brillante, agréable, chaleureuse et naturelle. Si c'est un néon qui l'éclaire, elle semblera froide et artificielle. A la faible lueur d'une chandelle, elle dégagera une atmosphère que je ne saurais pas décrire mais qui me plaît beaucoup. Ancienne ? Peut-être. Surnaturelle ? Sans doute... Et j'aime cette ambiance feutrée que dégage la lumière d'une bougie. Elle m'inspire d'inimaginables rêveries. (Ici je voudrais employer le mot "fantasme", mais de nos jours, il a pris une telle connotation que je ne voudrais pas qu'on se fasse des idées !...)
Ce soir malgré la tempête, le courant marche bien et il n'y a pas de bougies. Et je suis là, à compter les secondes qui séparent les éclairs des coups de tonnerre et à écouter tous les bruits de cet orage qui règne sur nous... tout en m'efforcant de ne pas penser à celui qui fait rage dans ma tête...

# Posté le jeudi 26 mai 2005 08:00

Modifié le jeudi 23 juin 2005 08:44

Manque d'inspiration...

Manque d'inspiration...
Voici un petit poème que j'ai écrit un jour où je n'étais pas inspirée...



Je ne peux pas dormir
Je ne peux rien écrire
Où est passée ma muse ?
Croit-elle que ça m'amuse
De ne pas avoir d'inspiration ?

Le sommeil ne vient pas
Et ma plume ne court pas
Sur cette feuille toujours aussi blanche
Sue laquelle en vain je me penche
Je suis en manque d'inspiration

C'est le mal du poète
Qui envahit ma tête
Une maladie des lignes
Qui ne me semble pas bénigne
Je suis en manque d'inspiration...











illustration : Stéphane Chaudesaigues

# Posté le jeudi 26 mai 2005 08:11

Modifié le samedi 09 juillet 2005 09:55

Le silence

Le silence
Allongée dans mon lit, j'écoute le silence. Tout en pensant que je ne peux pas vraiment l'écouter, puisque pour moi, il n'existe pas. Pas vraiment. En me concentrant, j'arrive toujours à entendre un bruit de fond. Nous sommes en mai, et dehors, les grillons s'en donnent à coeur joie ! Si ce n'était pas les grillons, ce serait le vent dans les arbres ou le moteur d'une voiture qui passe devant chez moi.
Mais il y aurait toujours un bruit quelconque pour venir troubler le silence.
"Il suffit de dire mon nom pour me briser" dit une célèbre devinette. Moi je trouve que c'est faux.

Il suffit d'écouter le silence et de se rendre compte qu'il n'existe pas afin qu'il soit brisé.

Une parole serait inutile. Jamais le silence n'est total. Moi j'aime le bruit (en particulier s'il s'agit de la musique qui s'échappe des hauts-parleurs de ma chaîne hi-fi !), mais je sais apprécier aussi le silence. L'un comme l'autre m'inspirent.
Je trouve agréable d'écouter le silence, car il permet la découverte de choses insoupçonnées.Peu de gens savent l'apprécier. La plupart ont besoin de bruit pour exister. Pour eux, le silence, c'est la solitude. Et ils ont peur de la solitude. Pour moi, la solitude est une bonne chose si elle est consommée à petites doses. Les doses que j'ai pu connaître auparavant ont été si fortes, parfois, que j'ai appris à savourer les petites doses. Et ces petites doses, les miennes, ne sont jamais vraiment silencieuses. Pour deux raisons : la première, c'est que je les emploie le plus souvent à écouter de la musique (et jamais en sourdine !) ; la deuxième, c'est que j'ai toujours quelque chose à écouter si ce n'est pas ma musique, puisque le silence est pour moi inexistant.
J'apprécie donc beaucoup le silence, je sais aussi le garder et j'aime ca.

Garder le silence, chose que peu de gens savent faire, c'est pouvoir écouter ce qui nous entoure et le respecter.

Exactement comme je suis en train de le faire, seule dans mon grand lit froid, où il y a toujours une place vide sur l'oreiller à côté du mien. Si cette place était occupée, j'imagine à quel point le silence serait troublé. Car ce ne serait pas le chant des grillons que je serais en train d'écouter. Ce serait la respiration et les mouvements de la personne qui dormirait à mes côtés. Une écoute qui m'empêcherait de dormir... et qui serait elle-même troublée par les battements de mon propre coeur...



illustration : croquis de Toulouse-Lautrec

# Posté le mardi 31 mai 2005 07:29

Modifié le jeudi 23 juin 2005 08:57