Pensées nocturnes...

Pensées nocturnes...
Nuit après nuit, je continue, mon écoute du silence. Je n'ai rien d'autre à faire que cela, et écrire ce qui me passe par la tête. Alors autant m'occuper en attendant que le marchand de sable veuille bien se montrer et que le sommeil daigne venir...
Ce soir, la pluie est venue faire taire les grillons d'il y a deux jours. Et je l'écoute tomber à torrent, je garde le silence et je me remets à penser...

Je laisse mon esprit errer, vagabonder, se perdre à l'endroit qu'il préfère...

Est-ce que je pense trop ? Peu importe. J'aime penser, c'est ce qui compte.
Je pense à... une phrase que j'ai vue une fois. Elle était imprimée en blanc sur un T-shirt noir, un de ces T-shirts humoristiques qui sont vendus une fortune et qu'on ne porte jamais une fois achetés. Je ne me souviens pas de la formulation exacte, mais en gros, cette phrase disait : "Le silence est le plus beau bijou pour la femme, mais celle-ci ne le porte jamais." Vraiment cliché, je ne trouve rien d'autre à dire !
Si aux yeux des hommes, les femmes sont des pipelettes, alors moi, qui suis-je ? Moi qui garde si souvent le silence ? Moi qui ne parle jamais pour ne rien dire ? Moi qui ne dis rien à personne et qui ne raconte pas ma vie à tout va ? Moi qui préfère écrire ?... Une chose est sûre, je n'ai pas cette caractéristique de la femme bavarde.
Le clocher de l'église sonne la demie. La demie de quelle heure ? Minuit ? Déjà ? Encore bien tôt... Les cloches, voilà un bruit auquel je n'avais pas pensé ! Un autre bruit qui perturbe le silence nocturne. Silence que je continue à garder.

Quitte à ne pas être "une femme normale". Ne pas être comme les autres.

Peut-être est-elle là, cette différence que je me cherche ? Me taire pour pouvoir me consacrer à la vraie écoute ? Le respect de ce qui m'entoure ? Comment savoir ?...

# Posté le mardi 31 mai 2005 08:00

Modifié le jeudi 23 juin 2005 09:01

Rechute...

Rechute...
J'ai peur.

Je crois que ca recommence.

Mais cette fois, j'ignore complètement pourquoi. Je n'ai aucune idée de quel pourrait être l'élément qui a provoqué ça. C'est pour cette raison que j'ai peur : je ne comprends pas du tout ce qui m'arrive.
Tout allait pour le mieux, la vie ne m'avait jamais semblé aussi belle...

Et pourtant, hier soir, c'est arrivé.

Au moment où je m'y attendais le moins : pendant une fête ! Ca m'a vraiment rappelé ce qui m'est arrivé l'année dernière : exactement la même chose.
Se sentir seule et abandonnée dans une salle pleine à craquer ; voila près d'un an que je n'avais plus expérimenté ce sentiment de fatigue et d'ennui profond, mêlé à la tristesse et au vide. Et il est revenu me hanter. D'un seul coup, il a ressurgi du passé, alors que je croyais l'avoir oublié et effacé de ma vie. Il attendait le bon moment pour revenir. Il a réussi son coup !
A cet instant précis, j'ai été prise d'une irrésistible envie d'écrire, mais n'ayant ni feuille ni stylo sous la main, j'ai également dû faire face à la frustration. Je crois que je comprends maintenant ce que ressentent les fumeurs lorsqu'ils sont en manque de nicotine (je suis non-fumeuse). C'est étouffant et insupportable. Une envie irrépressible mais qu'on ne peut pas assouvir, faute de plume ou de tabac. J'ai survécu je ne sais comment à ce manque hier soir, et aujourd'hui je peux enfin me soulager, mais je crois que je n'aurais pas pu attendre plus longtemps. C'est incroyable, j'exagère sans doute, mais j'ai le sentiment que si cette interminable attente avait été plus longue, elle aurait pu m'être fatale...
Quoi qu'il en soit, je suis terrifiée à l'idée de revivre le calvaire que j'ai vécu l'année dernière : la tristesse, la mélancolie, la peur, le doute, les larmes, l'isolement, mais plus que tout, l'incompréhension. Peut-être n'était-ce que passager, un coup de blues d'un soir que j'aurai oublié dans quelques semaines... Mais en me remémorant le passe, je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur, d'autant que cette fois, je n'ai aucune idée de ce qui pourrait me sauver...

# Posté le mardi 31 mai 2005 08:24

Modifié le jeudi 23 juin 2005 09:06

Au soleil

Au soleil
Pour la première fois, je suis sortie de ma chambre pour écrire. Il fait si beau dehors ! Le soleil déjà brûlant et les températures qui commencent à grimper nous annoncent une nouvelle canicule pour cet été. C'est donc au soleil, et non pas à mon bureau ou sur mon lit, que je me suis assise aujourd'hui.

Ici, dehors, à la lumière du jour.
Sur l'escalier derrière la maison, là où personne ne peut me voir...


Devant moi, la cour, et plus loin, le bout de forêt où j'allais me cacher quand j'étais petite et où il m'arrive de retourner parfois, encore aujourd'hui.

J'aime la nature.
C'est la seule qui ne me juge pas.


Le soleil qui tape de plus en plus fort m'incite a me réfugier à l'ombre du grand châtaignier, au fond de la cour, sur la murette qui marque la limite entre l'herbe sauvage des bois et les cailloux de ma cour. C'est donc ici, sur ce mur, entre la nature et les hommes, avec mon cahier sur les genoux, que je vais continuer mes petits travaux d'analyse personnelle...
Je ne sais pas ce qui m'a pris, l'autre jour, pour avoir si peur et être si triste. J'essaye de comprendre, mais sans y arriver. Je ne parviens pas à définir ce sentiment, ni les raisons qui me poussent a l'éprouver. Ni ce que je dois faire pour cesser de le ressentir.

Je me sens perdue.

J'ai l'impression d'être dans une impasse, de ne pas trouver d'issue. Je ne sais pas quoi faire. Toujours seule, avec mon cahier et mon stylo pour seule distraction, je ne peux pas m'empêcher d'y penser, de retourner sans cesse le problème, de me poser toutes sortes de questions, tout en ressassant des idées, des souvenirs...

L'ennui...
Toujours l'ennui...

# Posté le mardi 31 mai 2005 10:40

Modifié le jeudi 23 juin 2005 09:09

Un rêve...

Un rêve...
Cette nuit, j'ai fait un rêve...

Un rêve très bizarre
Plus le temps passe, moins je m'en souviens. Mais les détails principaux sont toujours dans ma mémoire.

Troublants.
Très troublants.


J'étais quelque part, dans un endroit inconnu, dans des couloirs très sombres qui ressemblaient à une sorte de labyrinthe et dans lequel j'étais perdue. Il y avait des torches enflammées pour éclairer ma route. Ces couloirs étroits et obscurs n'avaient pas de sol : je devais me déplacer sur une sorte de gondole, comme à Venise, une étrange embarcation qui flottait sur une eau trouble...

J'avançais tant bien que mal dans ces couloirs sans fin, et je rencontrais des gens.
Tous avaient le même profil : des personnes âgées qui semblaient sortir tout droit du passé.

Chaque fois que j'en rencontrais une, je m'arrêtais pour lui demander ma route, et toutes me disaient la même chose. La même phrase. "Comme tu as grandi !" Aucune ne me disait par où je devais passer, mais toutes me connaissaient ! Elles connaissaient ma famille et me demandaient des nouvelles de tout le monde !

Je parlai avec chacune d'elles tout en me demandant qui elles pouvaient être. A la fin de la discussion, elles me disaient toutes la même chose : "Fais très attention à toi, il pourrait t'arriver malheur..."

Après avoir rencontré plusieurs personnes, je tombai sur un vieil homme avec un accent bizarre qu'il me semblait avoir déjà vu. C'était certain, je connaissais ce vieillard, mais sur le coup, impossible de me souvenir de quoi que ce soit à son sujet, de qui il était. Je parlai avec lui comme j'avais parlé avec les autres, puis je repris ma route à travers le labyrinthe d'eau.

Et là, je la vis...

Au détour d'un couloir, elle était là et elle me souriait.
C'etait ma grand-mère, qui est décédée lorsque j'avais six ans.
Soudain, j'eus envie de pleurer. Envie que je ne pus reprimer.

Pour moi lorsque j'étais petite, elle était presque ma mère, je passais tout mon temps chez elle. Quand elle est morte, j'ai pleuré et je l'ai appelée pendant des semaines. Aujourd'hui, quand j'évoque mon enfance, c'est elle qui me revient en premier. Elle me manque tellement...

Je me trouvai donc face à elle dans ce couloir, et j'eus la même discussion avec elle qu'avec les autres personnes, les sanglots en plus. A la fin, avant de la quitter, je lui dis que je l'aimais et qu'elle me manquait. Mes larmes coulaient. Elle me sourit, les essuya et me dit de reprendre ma route.

Je continuai alors mon étrange periple et là, autre rencontre avec une personne connue : mon arrière-grand-mère, qui elle, nous a quittés en novembre 2004. Nouvelles larmes. Même discussion, mêmes adieux...

Puis je suis repartie pour continuer à chercher la sortie de ce dédale qui me semblait sans fin.

Et j'ai fait quelque chose que je n'avais pas encore pensé à faire : je me suis retournée.

Et je les ai tous vus, une dernière fois. Ils étaient tous là et me souriaient d'un air bienveillant...

# Posté le jeudi 02 juin 2005 09:48

Modifié le jeudi 23 juin 2005 09:16

Réveil...

Réveil...
... C'est à ce moment que je me suis réveillée.
Il était huit heures du matin.

Mon oreiller était trempé de larmes.

Je me suis levée avec mon idée en tête : j'ai couru chercher dans le buffet les albums de famille.
J'ai retrouvé plusieurs des personnages de mon rêve parmi les photos.

Le vieillard à l'accent étranger était mon arrière-grand-père. Je l'ai reconnu car c'est le seul avec ma grand-mère et mon arrière-grand mère, que j'ai connu : il est mort lorsque j'avais 2 ou 3 ans.

J'ai retrouvé plusieurs autres personnes dans cet album : des tantes, des grand-tantes, et des arrière-grand-oncles, des membres de la famille dont on ne soupçonne pas l'existence...

Des gens que je n'ai jamais vus ni connus et qui me sont pourtant apparus cette nuit.

La question qui me tracasse, c'est : POURQUOI ?

Pourquoi ai-je fait ce rêve ?, Pourquoi ai-je vu tous les morts de ma famille ?

Avaient-ils raison de me mettre en garde ? Suis-je en danger ?

L'ENDROIT OU JE ME TROUVAIS CETTE NUIT ETAIT-IL LE PARADIS ?

# Posté le jeudi 02 juin 2005 09:58

Modifié le jeudi 23 juin 2005 15:03