Ce premier poème qui m'a donné le goût de l'écriture a une histoire particulière que j'ai envie de vous raconter :
J'etais en première, à l'époque, (première littéraire, d'où mon goût pour les mots) c'était le dernier jour avant les vacances de Noël.
Le prof (qui était un grincheux lunatique pas possible, un véritable emmerdeur !) nous faisait étudier un sonnet de Rimbaud, lequel, je ne m'en souviens plus... bref, passionné par ce sonnet, il a eu soudain une idée de devoirs à nous donner pendant les vacances :
« Les filles, vous allez vous creuser un peu la cervelle et vous allez m'écrire un sonnet pendant les vacances de Noël. »
(je ris quand je repense à cette phrase, car il y avait quand même un garcon dans notre classe de littéraire, même si c'est rare, mais il s'obstinait à nous appeler « les filles » !)
Au départ, je me suis dit que ça ne serait pas trop difficile, mais là, il a rajouté la phrase qui tue :
« Je vous noterai, ça comptera dans vos moyennes, et je veux des alexandrins, attention ! »
Les vacances de Noël se sont bien passées, mais cette histoire de sonnet m'a quand même donné du fil à retordre. Pendant les deux semaines qu'elles ont duré, je me suis « creusé la cervelle » mais rien à faire, pas d'idée...
Veille de la rentrée, dimanche soir, 22h. Je me glisse dans mon lit en me demandant comment j'allais faire. On devait rendre ce fichu sonnet le mardi à 9h et je n'avais encore pas écrit un seul vers ! Au hasard et sans trop y croire, j'ai pris une feuille et un stylo... et j'ai regardé par la fenetre. Il commençait à neiger dehors et j'ai eu comme une soudaine bouffée d'inspiration. Je me suis mise à écrire ce que je voyais. Un quart d'heure plus tard, j'avais fini mon poème. Je n'en revenais pas moi même. Mes alexandrins étaient quasi irréprochables, j'avais parfaitement respecté le schéma des rimes et au final, je trouvais mon travail assez bon. Je l'ai recopié et rendu au prof en pensant que c'était peut-être réussi...